Et si l’équipe de conservation d’un musée d’exception était plus large qu’il n’y paraît ?
Température, humidité, géothermie : à la Fondation LVMH, Mourad Ben Khedda, Responsable d’équipe exploitation chez Engie, et Alain Cabriès, Directeur technique d’Accius, filiale métier d’Inovim Group, orchestrent en coulisses un système d’une précision absolue, indispensable à la préservation des œuvres exposées. Rencontre avec un duo aussi discret qu’incontournable.
Quelle est votre mission commune au sein de la Fondation LVMH ?
Alain Cabriès — « La société Engie est chargée de la maintenance globale et du pilotage de tous les espaces techniques du site. De notre côté, nous intervenons comme référents techniques sur la géothermie, un domaine qui nous est entièrement délégué. Nous fonctionnons en bonne intelligence : dès qu’une anomalie remonte, les équipes d’Engie se tournent naturellement vers nous car nous mettons à leur disposition une visualisation de l’ensemble des systèmes automatisés. »
Mourad Ben Khedda — « Les exigences du contrat global de maintenance multitechnique selon lequel nous opérons sont extrêmement strictes et le fonctionnement géothermique de la Fondation, très spécifique. Accius nous accompagne depuis 2015 sur ce volet critique, de la gestion des paramétrages à la maintenance en passant par la surveillance constante du système. »
En quoi l’impératif de conservation des œuvres rend-elle votre travail si exigeant ?
Alain Cabriès — « Contrairement à un immeuble de bureaux où l’on gère le confort thermique pour des êtres humains qui peuvent tolérer de légers écarts, la qualité de l’air et la température à la Fondation LVMHdoivent être régulées au degré près. La marge d’erreur est nulle, car on ne peut pas se permettre d’attendre qu’un signe visible apparaisse sur une œuvre. »
Mourad Ben Khedda — « Nous devons donc gérer des plages de température et d’hygrométrie extrêmement précises, imposées par la conservation des œuvres. Le site est truffé de capteurs : dans les salles, derrière les tableaux… nous utilisons aussi des traceurs mobiles. Ce dispositif requiert une surveillance de chaque instant, ce qui n’est pas le cas dans l’immobilier tertiaire standard. »
Comment travaillez-vous ensemble au quotidien ?
Mourad Ben Khedda — « Nous nous voyons très régulièrement et intervenons conjointement sur le terrain : c’est un vrai travail d’équipe. Lorsqu’une alerte se déclenche, nous faisons front commun pour la traiter avec la plus grande efficacité, et garantir la continuité de service sur ce site sensible. »
Alain Cabriès — « Notre rôle est d’identifier chaque problème potentiel très en amont et de déployer le correctif le plus vite possible. Nous posons un diagnostic précis et élaborons un plan d’action conforme aux protocoles et aux règles de sécurité en vigueur sur le site. Pour cela, nous analysons, par exemple, les suivis de consommation que nous traduisons en actions concrètes sur le terrain. »
En un mot, comment résumeriez-vous cette collaboration ?
Mourad Ben Khedda — « Je parlerais de confiance réciproque. Il n’y a pas de non-dits, on travaille en réelle transparence. Accius apporte une fluidité en plus de son expertise de niche qui fait que nous aimons vraiment travailler avec eux. »
Alain Cabriès — « Oui, la confiance est au cœur de notre partenariat. Nous avons la chance, grâce à Engie, d’être propulsés sur des projets d’une grande envergure, aussi, nous mettons tout en œuvre pour leur apporter une véritable tranquillité d’esprit grâce à notre compétence technique et sécuriser ensemble un site aussi prestigieux que celui de la Fondation LVMH. »